Lycée
Quelle calculatrice au lycée ? NumWorks, TI-83 et Casio face aux textes officiels
Une calculatrice de lycée coûte souvent plus cher que tout le reste de la liste de fournitures réunie. C’est aussi le seul achat de la rentrée encadré par une circulaire ministérielle — et le seul que la plupart des comparatifs racontent de travers, parce qu’ils recopient une règle qu’ils n’ont jamais lue.
Nous avons donc fait l’inverse : partir du texte, puis regarder les modèles.
Transparence. Cet article contient des liens partenaires. Si vous achetez via ces liens, nous percevons une commission, sans surcoût pour vous. Cela ne change ni notre sélection, ni ce que nous en disons : nous comparons ici sur des spécifications publiées et sur les textes officiels, pas sur les marges.
Pour qui : un élève de seconde générale qui prendra probablement la spécialité maths, dans un lycée où les profs travaillent déjà avec cette machine — c'est le modèle le plus répandu dans les classes françaises, donc celui pour lequel l'élève trouvera le plus d'aide, en cours comme sur internet.
Pas pour qui : un élève qui ne prendra pas la spécialité maths, ou une famille pour qui le prix est le critère décisif. Dans ces deux cas, la NumWorks ou une simple scientifique font le travail pour nettement moins cher.
L’essentiel en 30 secondes
Deux catégories de calculatrices sont autorisées aux examens, pas une : les non programmables sans mémoire alphanumérique, et celles disposant d’un « mode examen » conforme. Le mode examen ne s’active que sur instruction du surveillant, et seulement quand le sujet autorise la calculatrice. Nouveauté qui change le calcul : depuis juin 2026, la nouvelle épreuve anticipée de mathématiques de première — 2 heures, coefficient 2, pour tous les élèves de première générale et technologique — se passe sans calculatrice. On n’achète donc plus une graphique « pour l’épreuve de maths » : on l’achète pour le travail de l’année et pour la terminale.
Ce que dit vraiment le texte
La référence est la circulaire n° 2015-178 du 1er octobre 2015, applicable depuis le 1er janvier 2018. Elle vaut pour les examens et concours de l’enseignement scolaire — donc pour le brevet comme pour le baccalauréat.
Elle autorise deux catégories de matériel :
- les calculatrices non programmables sans mémoire alphanumérique ;
- les calculatrices avec mémoire alphanumérique et/ou écran graphique qui disposent d’une fonctionnalité « mode examen ».
Le mode examen n’est pas une étiquette marketing : le texte en fixe quatre caractéristiques précises. Il doit neutraliser temporairement l’accès à la mémoire (ou l’effacer définitivement), bloquer toute transmission de données par Wifi, Bluetooth ou autre, afficher un signal lumineux clignotant sur la tranche haute de la machine, et ne pas être réversible pendant l’épreuve — en sortir exige une connexion physique par câble à un ordinateur ou à une autre calculatrice.
Trois points que presque personne ne mentionne, et qui se jouent le jour J :
- Le mode examen s’active sur instruction du surveillant, pas avant. Le texte dit : « que sur instruction du surveillant de salle lorsque le sujet de l’épreuve autorise l’usage de la calculatrice ». Un élève qui arrive avec le mode déjà activé n’est pas en faute, mais il s’est privé de sa mémoire pour rien — et il ne pourra pas en sortir sans câble.
- Une seule machine sur la table. Une seconde calculatrice n’est admise qu’en remplacement, en cas de panne.
- Les câbles et modules enfichables sont interdits, quelle qu’en soit la longueur. Le chargeur reste dans le sac : c’est la raison très pratique pour laquelle une machine à piles est parfois plus tranquille qu’une machine à batterie mal chargée la veille.
La nouveauté qui change l’achat : une épreuve de maths sans calculatrice
Depuis la rentrée 2025-2026, tous les élèves de première des voies générale et technologique passent une épreuve anticipée de mathématiques, définie par la note de service du 10 juin 2025. Elle a été organisée pour la première fois en juin 2026 et compte pour la session 2027 du baccalauréat.
Ses caractéristiques : 2 heures, coefficient 2, notée sur 20 — 6 points de QCM sur les automatismes, 14 points sur deux ou trois exercices. Trois sujets distincts selon l’enseignement suivi (spécialité maths, maths de l’enseignement scientifique, tronc commun technologique).
Et surtout : « L’usage de la calculatrice n’est pas autorisé pour l’ensemble de l’épreuve. » L’épreuve orale de contrôle non plus.
Concrètement, cela déplace l’argument d’achat. On n’achète plus une graphique à 80 € pour « être prêt pour l’épreuve de maths de première » : cette épreuve-là se prépare avec un crayon. La graphique reste justifiée pour le travail de classe, les devoirs sur table qui l’autorisent, le Python au programme et les épreuves de terminale. Si votre enfant ne prend pas la spécialité maths, l’équation change sérieusement.
Notre barème
Nous ne testons pas ces machines en laboratoire, et nous ne prétendons pas le contraire. Ce comparatif repose sur les spécifications publiées par les constructeurs et sur les textes officiels cités en fin d’article. Chaque modèle est noté de 1 à 10 sur quatre critères, puis pondéré.
| Critère | Poids | Ce qu’on regarde |
|---|---|---|
| Adéquation au programme | 40 % | Python, représentations graphiques, tableaux de valeurs, statistiques |
| Durée de vie sur 3 ans | 25 % | Mise à jour du système par l’élève, robustesse, alimentation |
| Prise en main | 20 % | Lisibilité de l’interface, courbe d’apprentissage, ressources en français |
| Rapport prix / usage réel | 15 % | Ce qu’on paie face à ce qui servira vraiment |
La note finale est la moyenne pondérée de ces quatre notes. Nous n’émettons aucune étoile de notation en données structurées : ce serait faire passer un avis éditorial pour une moyenne d’avis clients.
Le tableau
| Modèle | Écran | Python | Mode examen | Mise à jour système | Note |
|---|---|---|---|---|---|
| TI-83 Premium CE Éd. Python | Couleur | Oui | Oui (voyant rouge) | Oui, par USB | 8,5 / 10 |
| NumWorks | Couleur | Oui, natif | Oui (voyant vert) | Oui, gratuite en ligne | 8,3 / 10 |
| Casio Graph 90+E | Couleur | Oui | Oui (voyant orange) | Oui, par USB | 7,8 / 10 |
| Casio Graph 35+E II | Monochrome | Oui | Oui (voyant orange) | Oui, par USB | 7,2 / 10 |
| Scientifique non programmable | Monochrome | Non | Sans objet (1re catégorie) | Non | 6,5 / 10 |
Le prix ne figure pas dans ce tableau volontairement : il bouge trop vite pour qu’un chiffre écrit ici soit encore juste quand vous lisez l’article. Les liens ci-dessous mènent à la page marchande, où il est à jour.
Les modèles en détail
TI-83 Premium CE Édition Python
Notre choix- C'est la machine que la plupart des professeurs de maths projettent au tableau : l'élève reproduit au lieu de traduire.
- Écran couleur, Python intégré, mode examen conforme au texte de 2015.
- Quantité de ressources en français — manuels, tutoriels, entraides de classe — sans équivalent.
- Système mis à jour par USB : la machine achetée en seconde évolue jusqu'en terminale.
- La plus chère des quatre, et l'écart n'est pas marginal.
- Interface héritée de vingt ans de compatibilité : moins limpide qu'une NumWorks pour un débutant.
- Batterie rechargeable — donc à charger la veille des épreuves, câble interdit en salle.
Lien partenaire. Prix et disponibilité peuvent changer à tout moment.
NumWorks — le meilleur rapport clarté / prix
Le petit dernier français a pris une vraie place dans les lycées. Son pari : une interface pensée pour un lycéen de 2020, pas pour un ingénieur de 1998. Les menus sont écrits en français courant, le Python est natif, et le système se met à jour gratuitement depuis un navigateur.
NumWorks
Rapport qualité-prix- L'interface la plus lisible du marché : c'est celle sur laquelle un élève autonome se débrouille le plus vite.
- Python natif, pensé comme une application à part entière et non comme une greffe.
- Mises à jour gratuites et fréquentes : la machine gagne des fonctions après l'achat.
- Moins chère que la TI-83 Premium CE.
- Si le professeur démontre au tableau sur une TI ou une Casio, l'élève devra transposer les menus.
- Moins de tutoriels de classe et de fiches d'entraînement circulant entre élèves.
- Vérifiez la génération vendue par le revendeur : plusieurs versions ont coexisté.
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Casio Graph 90+E et Graph 35+E II — l’option raisonnable
Casio occupe le terrain avec deux machines qui se distinguent surtout par l’écran : couleur sur la 90+E, monochrome sur la 35+E II. Les deux embarquent Python et un mode examen conforme, avec le voyant orange caractéristique.
La 35+E II est la porte d’entrée la moins chère vers une vraie graphique. C’est le bon choix quand la liste du lycée impose une graphique mais que l’élève ne prend pas la spécialité maths : conforme, suffisante, sans payer l’écran couleur qui ne servira pas.
Casio Graph 35+E II
Petit budget- La façon la moins chère d'être en règle avec une liste qui exige une graphique.
- Python présent malgré le positionnement d'entrée de gamme.
- Fonctionne sur piles : pas de batterie à charger la veille d'une épreuve.
- Écran monochrome : les courbes superposées se lisent moins bien qu'en couleur.
- Moins agréable au quotidien sur trois ans si l'élève fait beaucoup de maths.
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Pour la version couleur, c’est voir la Casio Graph 90+E sur Amazon →
Trois questions, et vous avez votre réponse
1. Votre enfant prendra-t-il la spécialité mathématiques en première ?
Oui → une graphique se justifie pleinement. Passez à la question 2.
Non, ou pas sûr → l’enseignement scientifique demande beaucoup moins. Une calculatrice scientifique de lycée suffit souvent, sauf si la liste de l’établissement impose une graphique. Dans ce cas, prenez la moins chère des conformes : la Casio Graph 35+E II.
2. Savez-vous quelle machine le professeur utilise en classe ?
Oui, et c’est une TI ou une Casio → prenez la même marque. L’élève gagne une année de tâtonnement sur les menus.
Non, ou le professeur laisse libre → la NumWorks est le choix le plus sûr pour un élève qui travaillera surtout seul, parce que c’est celle qu’on comprend sans mode d’emploi.
3. L'élève est-il soigneux avec ses affaires ?
Plutôt oui → n’importe lequel des quatre modèles tiendra trois ans.
Plutôt non → privilégiez une machine à piles plutôt qu’à batterie, ajoutez une housse rigide, et faites graver ou marquer le nom. Une calculatrice perdue en février se rachète au prix fort, hors période de rentrée.
Ce qui ne se voit pas sur la fiche produit
Deuxième angle mort : la liste de l’établissement fait foi. Certains lycées imposent un modèle précis, d’autres interdisent les machines à écran couleur pour certains devoirs, d’autres encore fournissent des calculatrices en salle d’examen. La circulaire fixe le cadre national ; le lycée fixe le reste.
Et si la calculatrice n’est pas le vrai sujet ?
Une machine à 80 € ne rattrape pas un décrochage en mathématiques. Si la difficulté est installée, elle se traite ailleurs — et il vaut la peine de vérifier d’abord si le problème est individuel ou collectif.
C’est précisément ce que montrent les données publiques sur lesquelles nous travaillons : un établissement peut obtenir durablement des résultats en dessous de ce qu’on attend compte tenu du profil de ses élèves. La fiche de votre lycée, accessible depuis la page Lycées, affiche cet écart. S’il est nettement négatif et que plusieurs élèves de la classe décrochent en même temps, le sujet se traite en conseil de classe avant de se traiter en cours particuliers.
Si la difficulté est bien individuelle, en revanche, le soutien scolaire à domicile ouvre droit à un crédit d’impôt de 50 % — et l’avance immédiate de l’Urssaf permet de ne régler que la moitié tout de suite. Nous avons détaillé les conditions exactes dans ce qu’un crédit d’impôt de 50 % change vraiment au prix.
En résumé
Pour un élève de seconde générale qui s’oriente vers la spécialité maths, la TI-83 Premium CE Édition Python reste le choix le plus sûr, essentiellement parce que c’est celle du tableau. La NumWorks est le meilleur achat pour un élève autonome et pour un budget mesuré. La Casio Graph 35+E II est la bonne réponse quand la liste impose une graphique dont l’élève n’aura pas vraiment l’usage.
Et si votre enfant ne prend pas la spécialité maths, posez-vous sérieusement la question de la scientifique simple : depuis que l’épreuve anticipée de mathématiques se passe sans calculatrice, l’argument de l’examen ne tient plus.
Sources
- Circulaire n° 2015-178 du 1-10-2015, Utilisation des calculatrices électroniques aux examens et concours de l’enseignement scolaire (NOR MENS1523092C), Bulletin officiel n° 42 du 12 novembre 2015 — applicable à compter du 1er janvier 2018.
- Note de service du 10-6-2025, Épreuve anticipée de mathématiques de la classe de première des voies générale et technologique (NOR MENE2515469N), Bulletin officiel n° 24 du 12 juin 2025.
- Spécifications constructeurs publiées par Texas Instruments, NumWorks et Casio (consultées le 2 septembre 2026).
Questions fréquentes
Quelle calculatrice est autorisée au bac ?
La circulaire n° 2015-178 du 1er octobre 2015, applicable depuis le 1er janvier 2018, autorise deux catégories : les calculatrices non programmables sans mémoire alphanumérique, et les calculatrices avec mémoire alphanumérique et/ou écran graphique disposant d'un « mode examen ». Ce mode examen doit neutraliser l'accès à la mémoire, bloquer toute transmission de données (Wifi, Bluetooth), afficher un signal lumineux clignotant sur la tranche haute, et ne pas être réversible pendant l'épreuve. Toutes les calculatrices graphiques vendues aujourd'hui en France pour le lycée sont conçues pour cette seconde catégorie.
Faut-il activer le mode examen à chaque épreuve ?
Non, et c'est une confusion fréquente. Le texte est explicite : le mode examen « ne doit être activé par le candidat, pour toute la durée de l'épreuve, que sur instruction du surveillant de salle lorsque le sujet de l'épreuve autorise l'usage de la calculatrice ». Autrement dit, on attend la consigne du surveillant. On ne l'active ni la veille, ni en entrant dans la salle.
La calculatrice est-elle autorisée à la nouvelle épreuve anticipée de maths ?
Non. La note de service du 10 juin 2025 qui définit cette épreuve indique que « l'usage de la calculatrice n'est pas autorisé pour l'ensemble de l'épreuve ». C'est vrai aussi de l'épreuve orale de contrôle. Cette épreuve écrite de 2 heures, coefficient 2, concerne tous les élèves de première des voies générale et technologique, et compte pour la session 2027 du baccalauréat.
Une calculatrice scientifique simple peut-elle suffire au lycée ?
Réglementairement, oui : une calculatrice non programmable sans mémoire alphanumérique est autorisée aux examens. Pédagogiquement, cela dépend de l'enseignement suivi. En spécialité mathématiques, l'élève travaillera en classe sur des représentations graphiques, des tableaux de valeurs et du Python : une graphique devient difficile à contourner. En enseignement scientifique sans spécialité maths, une scientifique tient souvent la route toute la scolarité. La liste fournie par le lycée tranche : c'est elle qui fait foi.
Faut-il racheter une calculatrice entre la seconde et la terminale ?
Normalement non, et c'est le principal argument pour ne pas prendre le modèle le moins cher en seconde. Une calculatrice graphique achetée en début de seconde doit tenir les trois années. Les points qui font la différence sur la durée sont la mise à jour du système d'exploitation par l'élève, la présence de Python, et la robustesse physique — un appareil transporté tous les jours pendant trois ans dans un sac de cours.